Rachel Khan, actrice, écrivaine et juriste française

Le rapport de Rachel Khan à la francophonie est double, c’est d’abord une langue et ensuite une organisation mondiale. Elle définit la langue française comme la langue de ses émotions, une langue charnelle et créative qu’elle associe au sport et à la danse chorégraphiée mais aussi la langue de la réparation, car elle incarne les souffrances passées.

Villes contre campagnes : les ficelles d’un faux débat…

Les grandes villes sont régulièrement mises en accusation et les motifs de griefs ne manquent pas : pollution, insécurité, engorgement, accaparement des richesses, inconfort, prix de l’immobilier, précarité… Sans compter bien sûr les critiques sur les libertés culturelles et l’anomie. Réseaux sociaux qui recensent maniaquement des problèmes locaux, essais critiques, élus ou personnalités politiques en mal de popularité, semblent en résonance pour « en finir avec les grandes villes ». Et nombre de signes, peu avant la crise du covid ou depuis son acmé, semble conforter ces positions à la fois convergentes et disparates.

Mixité sociale, bien-être et vivre-ensemble

Au yeux d’Ivan Debernardi (titulaire d’un Master d’urbanisme à l’Université Bordeaux Montaigne), l’urbanisme permet la production d’une pluralité de modalités d’existence pour un ensemble (la société), tout en prenant en compte chacune de ses parties (les citoyens). C’est une condition sine qua non du bien-être et du vivre-ensemble.

Patrick Boucheron, historien français

Pour Patrick Boucheron, la francophonie est une histoire plus grande que celle de la France métropolitaine. Il reconnaît dans les espaces francophones une urbanité spécifique. Il distingue d’ailleurs deux manières de penser la ville en matière de patrimoine, homogène ou hybride, projection ou inter fécondation des modèles architecturaux. La francophonie porte, selon lui, la question suivante : Comment faire récit de la diversité, au lieu de penser la mondialité des villes sous le regard de la globalisation ?

Trompe l’œil urbain

Urbanisme et francophonie, existe-t-il une forme d’urbanisme qui reflète la francophonie ? L’objectif de Gilles Magnin (urbaniste et ancien étudiant en urbanisme durable et aménagement des territoires à l’Université de Lausanne), à travers ses photos n’est pas d’y répondre, mais au contraire de la questionner. L’urbanisme peut-il refléter une langue ? A l’aide des images, il voudrait faire voyager les observateurs au-delà de la francophonie, questionner notre conception et nos clichés des espaces mentaux et de nos préconceptions du monde.

Table ronde #2 : La ville décarbonée, des discours au réel !

Voici le thème de la deuxième saison de la table ronde Urbanisme en Francophonie. Les crises s’accumulent, sur nombre de sujets et la plupart de ces crises semblent se nourrir d’une même origine : la crise environnementale. Comment sortir du piège ? Nombre de discours offre aujourd’hui le projet d’une ville décarbonée… qui réduirait la dépendance aux hydrocarbures fossiles et ses impacts sur le changement climatique.

Gaëtan Siew, architecte-urbaniste Mauricien

Gaëtan Siew, de par sa vision d’architecte mauricien aux expériences variées dans les différents espaces du monde, nous permet de mieux faire la distinction entre l’approche pragmatique et financière anglo-saxonne d’aborder la ville et l’approche sociale, culturelle et patrimoniale francophone basée sur la solidarité naturelle. Selon lui, les Maires doivent trouver un équilibre entre ces deux approches pour adapter les projets aux réalités des différents territoires.