Table ronde #2 : La ville décarbonée, des discours au réel !

🗣️ Dans le cadre de l’initiative Urbanisme en Francophonie portée par l’AIMF, une série de réflexions autour des concepts de l’urbanisme francophone est mise en débat. Chaque table ronde, organisée en visioconférence autour d’une grande thématique, se décline dans plusieurs webinaires.

Être informé du programme des tables rondes et y participer.

Les crises s’accumulent, sur nombre de sujets (le climat, l’eau, les conflits armés, la santé, les questions sociales, la démocratie, les migrations) et la plupart de ces crises semblent se nourrir d’une même origine : la crise environnementale provoquée par notre mode de production et de consommation des ressources. L’énergie fossile abondamment accessible a déterminé des choix de développement à travers la planète. Et nous en observons aujourd’hui les limites par de nombreux signaux.

Comment sortir du piège ? Comment pouvons-nous permettre une société apaisée et confiante en son avenir, soucieuse de sa responsabilité sur l’environnement et sur ses semblables ? Nombre de discours offre aujourd’hui le projet d’une ville décarbonée… qui réduirait la dépendance aux hydrocarbures fossiles et ses impacts sur le changement climatique. Bien qu’alléchante, cette perspective n’en garde pas moins de nombreuses limites. Les seules solutions techniques conduisent peu ou prou à des formes de coercition, de creusement des inégalités, de perte de force de la démocratie comme aspiration commune… À l’inverse, laisser les populations dans la seule revendication d’une satisfaction immédiate sans perspective et sans conscience des défis ne peut que conduire à la catastrophe. Il faut un autre chemin.

C’est là que les villes du monde ont une grande responsabilité pour agir et faire en sorte que :

  • les objectifs soient clairs et partagés par toutes et tous ;
  • les efforts et les bénéfices soient proportionnés et bien distribués ;
  • les solutions techniques disponibles soient bien maîtrisées et accessibles au plus grand nombre ;
  • la mise en application n’entraîne ni creusement des inégalités, ni relégation, ni conflit ;
  • la vérification du sens de l’action au regard des objectifs soit régulière et transparente ;

Malgré les différences d’engagement dans un mode de production et de consommation carbonée, malgré les spécificités climatiques le même vaut pour toutes les régions du monde. Cette table ronde doit être un espace d’explicitation des enjeux mais aussi de présentation, d’expérimentation et de discussion de solutions partagées sur les plans techniques, économiques, sociales et politiques car il n’existe sans doute aucune issue facile aux défis climatiques. « À tout problème complexe, il y a une solution simple, et elle est fausse » Umberto Eco, Le Pendule de Foucault.

Notre table ronde sur les villes décarbonées est composée de 3 webinaires qui aborderont successivement :

Webinaire 1 : Pourquoi la ville décarbonée ? Quels défis pour les grandes comme les petites villes, au Nord comme au Sud ?

Mardi 18 octobre 2022 de 12h30 à 13h45

Il s’agira dans un premier temps de revenir sur la genèse de cet urbanisme bas carbone et des dilemmes auxquels il nous expose, tant dans les principes qu’il pose que dans les implications concrètes qu’il peut générer dans les territoires. Il s’agira donc d’envisager les conditions de mise en œuvre selon les contextes existants. Comment construire une ville bas carbone, notamment en Afrique, tout en maintenant les possibilités de développement ? Cela passe bien sûr par des solutions techniques, mais aussi par l’établissement de conditions politiques, l’application de règles communes et l’engagement d’un dialogue entre toutes les parties prenantes sur les défis à relever et les enjeux.

Ce premier thème entend aborder la responsabilité des acteurs, citoyens, entreprises, politiques pour faire face aux risques politiques et sociaux de la décarbonation. Comment changer de modèle, déployer des politiques bas carbone, sans que leur efficacité ne soit défaite par les oppositions et les blocages ? Comment pouvons-nous mieux engager les individus dans le sens du collectif ? Malgré l’affirmation unanime de l’urgence à agir, les actions réelles se font trop rares, par manque de volonté, par crainte des effets sur les conditions de vie, par crainte aussi parfois de l’hostilité des citoyens ou des acteurs économiques. Mais dire que le courage politique est nécessaire n’est pas une réponse suffisante : il ne suffit plus de décréter pour changer de cap… Il faut pouvoir embarquer toutes les parties prenantes et s’assurer de leur implication. Les questions posées sont simples mais très complexes : où allons-nous ? Comment y aller ?

Grâce au dialogue, des solutions partagées peuvent émerger. Afin de rendre possibles les projets bas carbones dans les villes, nous aurons besoin de mobiliser toutes les compétences, ensemble, des ingénieurs aux médecins, des sciences expérimentales aux sciences humaines et sociales, des responsables de services publics aux entrepreneurs et aux citoyens, des maires et élus à la société civile. Autrement dit, la ville décarbonée est un collectif humain dont la réussite implique une compréhension des enjeux, un débat très approfondi et une implication de tous les acteurs.

Comité de travail :

  • Introduction : Mme Charlotte BLEUNVEN, Ingénieure d’études pour l’AIMF.
  • Modérateur : M. Sylvain ALLEMAND, Journaliste.
  • Synthèse : M. Lionel PRIGENT, Urbaniste, Économiste, Professeur à l’Université de Bretagne Occidentale (UBO) et Directeur du Laboratoire de Géoarchitecture.

Intervenantes :

  • Mme Bettina LAVILLE : Conseillère d’État honoraire, Présidente de l’Institut d’Études Avancées (IEA) de Paris, Fondatrice et Présidente d’honneur du Comité 21.
  • Mme Hélène TINE : Adjointe au Maire de la Ville de Thiès et ancienne députée à l’assemblée nationale du Sénégal.
  • Mme Andrea PINO : Architecte, Docteur en aménagement de l’espace et urbanisme et Chargée du Plan Construyendo Barrios au Ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme, dans le Programme National d’habitats précaires, au Chili.

Webinaire 2 : Les conditions techniques, économiques et sociales d’une transformation du domaine bâti dans les villes décarbonées

Mardi 22 novembre 2022 de 12h30 à 13h45

INSCRIPTION : https://us06web.zoom.us/webinar/register/WN_J1yAK2kXTSmwzBQNt0iQNA

Le secteur du bâtiment, l’un des plus consommateurs en énergie et producteurs d’émissions de CO2 au monde représente un levier incontournable de transition énergétique et de décarbonation de la ville. Au-delà de la construction de nouveaux bâtiments performants, la rénovation énergétique du parc immobilier existant constitue aujourd’hui un gisement d’économie carbone considérable et un des enjeux des politiques publiques de décarbonation. Mais les besoins et les moyens ne sont pas partout les mêmes. Si certaines villes peuvent engager de vastes programmes de rénovation et s’engager dans une stricte sobriété foncière, d’autres doivent s’accommoder d’un bâti obsolète ou de vastes quartiers informels et doivent accueillir sans cesse le flux de nouveaux habitants. Si la ville décarbonée est un horizon commun à ces situations disparates, elle n’a pas un chemin unique pour y parvenir. Mais il existe cependant des réponses techniques, des expérimentations, des projets de territoire qui ont une force commune d’inspiration.

Aborder la question de la ville bas carbone, c’est donc prendre en compte la complexité d’un système à la fois par son cycle de vie, le nombre important de parties prenantes et d’acteurs (propriétaires, usagers) et les enjeux patrimoniaux, culturels, techniques et architecturaux de préservation du bâti initial. Mais c’est aussi affirmer que cette complexité ne doit plus servir de prétexte à l’immobilisme. C’est pourquoi cet atelier a pour ambition de présenter un échantillon de quelques propositions et de leurs conditions de mise en œuvre… Pour inventer une ville bas carbone adaptée aux territoires.

Comité de travail :

  • Introduction : Mme Charlotte BLEUNVEN, Ingénieure d’études pour l’AIMF.
  • Modérateur : M. Sylvain ALLEMAND, Journaliste.
  • Synthèse : Mme Ingrid NAPPI, Économiste et Professeur à l’École des Ponts ParisTech

Intervenantes :

  • Mme Célestine KETCHA COURTÈSMinistre de l’Habitat et du Développement urbain au Cameroun et ancienne présidente du Réseau des Femmes Élues Locales d’Afrique.
  • M Ousmane SOW : Directeur de l’agence urbaine du Grand Bamako, architect‌e-urbaniste, économiste des transports et environnementaliste.
  • Mme Ahouéfa Madiana POGNON : Ingénieur Bâtiment Durable et Enseignante.

Webinaire 3 : Le numérique dans le génie urbain des villes décarbonées : à quel coût ?

Mardi 13 décembre 2022 de 12h30 à 13h45

Puisque la ville est système, il faut poser le principe que la ville décarbonée doit gérer durablement les fluides (eaux, énergie…) dans une perspective de sobriété énergétique et de préservation des ressources. Le génie urbain, lui, peut être considéré comme un ensemble des techniques, mise au service de la gestion des flux (environnement, déchets, énergie, mobilité, infrastructures, assainissement…) permettant de traiter de la conception à l’exploitation des villes (en passant par la réalisation et la gestion). Cependant, cette question ne saurait se limiter à des enjeux techniques. Il s’agit bien en effet de garantir un accès équitable à toutes et tous, quelle que soit la condition de richesse, quel que soit le lieu. Pour les villes, la traduction pratique est à la fois dans l’organisation des services rendus aux acteurs des territoires, dans le déploiement et la gestion des infrastructures indispensables et dans les aménagements urbains, visibles ou non, qu’il faut planifier et réaliser. C’est dans ce contexte que la végétalisation des villes, par exemple, tend à devenir une des solutions d’économie des ressources et d’énergie.

Créer des espaces de nature est en effet utile pour la circulation de l’eau, pour réduire les îlots de chaleur, enfin pour créer des puits de carbone. C’est donc bien autour et avec ces espaces de nature, et non plus à leur place, qu’il convient d’organiser nos infrastructures urbaines et nos systèmes de mobilité. Le numérique s’il peut aider à rendre nos réseaux plus intelligents (ex : smart grids), il est aussi très coûteux au plan énergétique et impactant en termes de GES. C’est à la fois une solution et un problème au regard de l’exigence de la décarbonation de nos villes.

La gestion des fluides, déterminant pour une large part le métabolisme urbain, est donc bien une des questions les plus importantes pour réfléchir à la société bas carbone. Or, la responsabilité incombe en premier lieu aux villes, qui auront donc bien besoin de faire évoluer leurs pratiques.

Être informé du programme des tables rondes et y participer, envoyez un mail à Charlotte Bleunven, ingénieur d’études pour l’AIMF à : [email protected]

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