Habiter, le nouveau front des inégalités

À l’aube du 13e Forum Urbain Mondial (FUM), Christine Auclair explore l’idée qu’il convient de repenser les priorités globales face à la crise de l’habitabilité. Une évidence s’impose progressivement sans toujours être pleinement formulée : les inégalités du XXIe siècle ne se jouent plus seulement dans l’accès aux revenus, aux services ou aux opportunités. Elles se jouent, de manière croissante, dans la possibilité même d’habiter. 

Lecture critique du fait urbain au Cameroun : de l’illusion de la norme au droit à l’erreur

Cette tribune rédigée par Agnès OWONA MEMONG (consultante en urbanisme et Présidente du Réseau des Ingénieurs d’urbanisme du Cameroun (#RESIUC)) s’inscrit dans le prolongement des réflexions mobilisées dans la revue Urbanités (numéro 17, 2023) autour de la formule « l’erreur est urbaine ». Dans ce sens, questionner la pertinence du fait urbain amène à revoir la perception des problématiques urbaines, envisagés non pas comme des dysfonctionnements isolés, mais comme le produit de mode contemporains de fabrication de la ville, entre modèle importés, politiques fragmentés et pratiques contraintes. Du point de vue des villes camerounaises, cela nous amène à aborder les modes de production et de consommation de la fabrique urbaine, en examinant la déliquescence qui la caractérise.

Le logement abordable : les causes et les solutions locales à un problème mondial

Selon Denis Dessus (Architecte libéral, Coordonnateur Général de l’Alliance des Architectes Francophones, Ancien Président du Conseil National des Architectes et Professeur d’architecture et d’urbanisme écologiques à la DETAO Academy à Songjiang – Chine) : « Le logement abordable, voilà un sujet impossible à traiter. Si on y rajoute durable ou, mieux, écologique cela devient un peu plus appréhendable, car il est possible d’identifier des leviers pour faire mieux selon les caractéristiques locales ».

Le Grand Prix de l’urbanisme : Faire bouger les lignes pour agir sur le monde de demain

À quoi sert finalement le Grand Prix de l’urbanisme ? À « aider la discipline à inventer de nouvelles voies, à montrer des chemins inusités, à faire des pas de côté pour rester en prise avec la marche du monde », répond Ariella Masboungi (Architecte-Urbaniste, ancienne haute fonctionnaire chargée du Projet urbain au Ministère en charge de l’urbanisme). Lauréate du prix en 2016, elle rappelle combien cette distinction contribue à l’évolution de la pensée et des pratiques urbanistiques. Cette tribune prend tout son sens alors…

Les sciences humaines et sociales : le socle de la formation des urbanistes africains

Dans cette tribune, Christian Kalieu (Enseignant d’urbanisme à l’École supérieure des sciences de l’urbanisme et du tourisme de l’Université de Bertoua au Cameroun), dresse un constat alarmant : les villes africaines sont malades et doivent être soignées. L’auteur plaide pour une approche profonde à savoir renforcer la formation des urbanistes et s’appuyer sur les sciences humaines et sociales. La création, en 2022, de l’École supérieure des sciences de l’urbanisme et du tourisme d’Abong-Mbang illustre cette volonté de repenser la cité africaine par le savoir et la compétence.

Le commerce informel de rue, l’urbanisme invisible qui façonne la ville

Dans cette tribune, Mensérétou Mbohou Maghoue, Docteure en aménagement de l’espace et urbanisme et attachée de recherche au laboratoire de Géoarchitecture de l’Université de Bretagne Occidentale (UBO), met en lumière le rôle décisif du commerce de rue dans la fabrique urbaine. Elle montre comment, loin d’être marginal, ce phénomène imprévisible et fluide reconfigure les flux, crée des centralités économiques spontanées et impose ses propres règles dans l’espace public. À travers l’exemple de Ngaoundéré, au Cameroun, elle interroge les mécanismes par lesquels l’informalité devient un véritable architecte invisible des villes.

STOP : repenser les trajectoires de transition par le bas

Face à l’aggravation de la crise climatique et à la répétition des vagues de chaleur en France, Cyria Emelianoff (Professeure d’aménagement et urbanisme à l’Université Rennes 2, ESO)  appelle à repenser nos trajectoires de transition écologique. Dans une tribune engagée, elle souligne l’aveuglement collectif face aux migrations climatiques et à la maladaptation, alors même que les solutions existent. En s’appuyant sur des exemples concrets à Lorient et à Arnhem, elle montre comment l’épargne citoyenne, le bénévolat et l’action collective peuvent transformer nos villes et enclencher une véritable économie citoyenne de la transition.

Réapprendre à faire la ville : de l’oubli du local à la leçon des faux modèles

Dans cette tribune, Sami Ibrahim (Urbaniste, spécialiste de la planification stratégique, de la gouvernance urbaine et des dynamiques transnationales) revient sur les défis des villes du Sud, confrontées à l’urgence climatique et à la mondialisation urbaine. À travers l’exemple de Dubaï, il illustre comment ces villes adoptent des modèles importés, séduisants, mais souvent inadaptés aux réalités locales. Pourtant, elles ont su développer des formes de résilience ancrées, aujourd’hui menacées par un urbanisme standardisé et centralisé.