Diversité de quartiers, comme reflet de la composition urbaine d’Abidjan

Hassan Eleck est un urbaniste diplômé de l’École Inter-État d’Architecture et d’Urbanisme à l’EAMAU au Togo et actuellement responsable de projets chez RADYAN.

La carte postale d'Hassan Eleck

Découvrez la carte postale d’Hassan Eleck (urbaniste diplômé de l’École Inter-État d’Architecture et d’Urbanisme à l’EAMAU au Togo et actuellement responsable de projets chez RADYAN). Composée de 3 images, cette carte postale nous est envoyée depuis Abidjan.

Cadre urbain général d’Abidjan

Abidjan est une agglomération largement hétérogène, constituée de plusieurs communes et quartiers aux caractéristiques contrastées. L’espace urbain comprend notamment Abobo, Adjamé, Attécoubé, Cocody, Koumassi, Marcory, Port-Bouët, Plateau, Treichville et Yopougon, ainsi que des communes périphériques intégrées dans le district urbain.

Cette structure montre d’emblée une ville qui ne se réduit pas à un centre unique, mais se compose d’unités urbaines variées liées à des fonctions sociales, économiques et culturelles différentes.

Typologies socio-spatiales très différenciées

Quartiers populaires, densément peuplés
  • Yopougon est la commune la plus peuplée et l’un des quartiers urbains les plus actifs sur les plans social et économique. Ce quartier populaire se distingue par une urbanisation dense et un tissu socio-spatial très dynamique.
  • D’autres quartiers comme Adjamé ou Abobo sont également caractérisés par une forte densité et une mixité sociale importante.

Ces espaces témoignent d’une diversité d’usages, d’activités informelles et de modes de vie multiples, souvent associés à un urbanisme moins planifié.

© Hassan Eleck / Vitalité urbaine et densité populaire d’Abobo

Quartiers résidentiels et de classes moyennes à aisées
  • Cocody est réputé pour ses quartiers résidentiels (ex. Deux-Plateaux, Riviera, Angré, Palmeraie), qui abritent des logements plus spacieux, des espaces verts, des écoles et des établissements universitaires de référence.

Cette partie de la ville reflète une autre facette de la métropole : une urbanisation planifiée, axée sur le résidentiel de haut standing et les services publics et privés associés.

© Hassan Eleck / Expansion des cités résidentielles et recomposition urbaine à Cocody

Centre des affaires et fonctions économiques
  • Le Plateau, centre d’affaires d’Abidjan, se distingue par des infrastructures économiques et administratives, des gratte-ciels et des fonctions tertiaires. Ce quartier symbolise l’organisation spatiale orientée vers l’activité économique.

La fonction économique dominante du Plateau contraste avec les quartiers résidentiels ou populaires, illustrant ainsi une stratification fonctionnelle du tissu urbain.

© Hassan Eleck / Morphologie urbaine et skyline du centre d’affaires du Plateau

Diversité urbaine comme résultat de facteurs multiples

Évolution historique et sociale

La diversité des quartiers d’Abidjan s’explique par l’histoire du peuplement, les migrations et les politiques d’aménagement successives, combinées à une forte croissance urbaine. Ces dynamiques ont produit des configurations spatiales contrastées, entre quartiers planifiés et urbanisation spontanée, reflétant des trajectoires socio-économiques différenciées et contribuant à la pluralité du paysage urbain de la métropole.

Croissance démographique et expansion spatiale

La population du district d’Abidjan a connu une forte expansion, entraînant une diversification des quartiers en termes de densité, d’usage du sol et de modes résidentiels. Cette croissance accélérée accentue les contrastes entre les zones urbanisées de façon planifiée et celles issues de croissance spontanée ou informelle.

Implications urbanistiques de cette diversité
  • Mixité et fonctions urbaines : la diversité des quartiers d’Abidjan illustre clairement la coexistence de plusieurs formes d’urbanisation au sein d’une même métropole. Le Plateau concentre les fonctions économiques et administratives, tandis que Cocody incarne un modèle résidentiel plus aéré et organisé, et que des communes comme Yopougon et Adjamé présentent une urbanisation plus dense et souvent informelle. L’ensemble de ces configurations révèle que l’espace urbain d’Abidjan se structure autour de polarités socio-spatiales marquées, traduisant des logiques différenciées de production de la ville plutôt qu’un modèle urbain unique et homogène.
  • Question du logement et de l’inclusion spatiale : les disparités entre quartiers témoignent aussi de différences socio-économiques importantes, avec des enjeux d’accès au logement abordable, de mobilité et d’équipements. Par exemple, les tensions au niveau de l’accès à l’habitat se manifestent par une pression foncière élevée et des contrastes d’infrastructures entre quartiers formels et informels.
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