La carte postale de … Louise Dauthieux & Mohamed-Jawad Chaïl

Louise Dauthieux et Mohamed-Jawad Chaïl sont étudiants en Master 2 Urbanisme et Aménagement à l’Université de Paris Nanterre

Le quartier de la Défense

Nos clichés permettent d’appréhender différents aspects de l’analyse urbaine. Vous pourrez observer des photographies s’apparentant notamment à la notion d’ambiance urbaine. Il est important de noter que ces prises de vues ont été réalisées dans un contexte de couvre-feu, dénominateur commun de toutes nos photographies. Espaces vides, usagers nocturnes, ambiance sui generis… Par notre focale, vous découvrirez les différentes facettes de La Défense et ses alentours en temps de pandémie. Par notre focale, vous découvrirez les différentes facettes de La Défense et ses alentours en temps de pandémie.

En ces temps si particuliers, nous avons vu que les vastes espaces publics de La Défense étaient désertés. L’ambiance singulière d’un centre d’affaires vide est alourdie par les mesures sanitaires. Braver le couvre-feu pour tenter de capturer cette ambiance nous a confronté à une réalité qui échappait à beaucoup d’entre nous. Quelques individus demeuraient présents : des sans domicile fixe, des travailleurs essentiels de nuit, et quelques salariés indispensables à leur entreprise. À l’image des quelques lumières et machines qui restent allumées sans arrêt, le quartier, plongé dans un sommeil profond, continue à bourdonner.

Cette sélection de photos nous a paru pertinente dans le cadre du thème Urbanisme et Francophonie, car elle met à l’honneur une catégorie de la population française intrinsèquement liée au monde urbain mais pourtant souvent oubliée voire invisibilisée. Tous nos clichés ne sont pas directement liés à l’expression de la langue française en tant que telle, mais permettent d’appréhender sous un certain angle un quartier français emblématique”.

Identité Conforme (La Défense) : Le quartier de La Défense devient désert la nuit, laissant place à une vie nocturne : celle des usagers qui n’ont d’autres lieux de vie que l’espace public lui-même, à savoir les sans domiciles fixes. Dans ce Photomaton a trouvé place l’un de ces usagers nocturnes, à la recherche d’un lieu pour dormir, à l’abri des regards. La machine a coupé l’homme en deux, le rendant anonyme. Elle ne nous laisse de son identité que ses pieds nus, dans un froid mois de mars, côtoyant les déchets d’un présumé repas accompagné d’alcool. Le panneau lumineux “ Identités conformes ”, sur la gauche, offre à ce cliché un caractère sociologique fort. Il nous rappelle à quel point la société tend à uniformiser les individus, à lisser les différences, au détriment des particularismes et minorités.

Crowd (La Défense) : Du calme, une sensation de vide et d’abandon se dégage de ce cliché. Nous avons choisi de photographier cet escalator vidé de toute présence, qui continue de fonctionner malgré tout. En bas des escalators on remarque une lumière haute qui s’assombrit progressivement jusqu’à virer à l’obscurité noire, comme une métaphore de l’espace public où règne une ambiance sinistre, anxiogène. À travers cette photographie, on ressent que fréquenter cet espace, en l’occurrence la
dalle de La Défense, au moment du couvre-feu représente un délit.

Un oublié de l’espace public (La Défense) : “Restez chez vous” nous disait-on, mais certaines personnes devaient tout de même travailler, celles œuvrant au service du bien commun malgré les restrictions sanitaires. Sur la photographie, nous apercevons un agent d’entretien en plein travail nocturne. Nous avons choisi de le garder en couleur et de mettre le fond en noir et blanc car il est l’un des rares signes de vie encore présents dans l’espace public à cette heure tardive. Contraint de se mettre dans sa bulle pour effectuer cette tâche, les oreilles branchées aux écouteurs, il est en décalage avec son environnement.

Génération covid (La Défense) : Le 17 mars 2021 une infographie réalisée par BFMTV nous apprend que les mesures sanitaires appliquées pour lutter contre l’épidémie de la Covid-19 nous ont contraints à réduire nos libertés de déplacement sur plus de 200 jours sur cette dernière année. Au-delà de la nécessité de ces mesures pour notre santé, la crise de la Covid-19 nous a privée de nos moments de convivialité, de rencontre et de sociabilité. Nonobstant, des moments de vie ponctuels persistent, en dépit des mesures sanitaires préconisées comme nous pouvons l’observer au travers de cette photographie. Les personnes photographiées sont toutes jeunes et nous savons ô combien, pour reprendre les mots du président : “C’est dur d’avoir 20 ans en 2020”. Malgré la situation qui n’est pas évidente pour cette jeunesse, au travers de ce cliché en noir et blanc ne dégage pas une ambiance sinistre, au contraire on ressent le moment de vie notamment avec le large sourire de l’un de ces jeunes hommes.

 

 

 

 

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