La carte postale de … Gilles Magnin

Gilles Magnin est étudiant en urbanisme durable et aménagement des territoires à l’Université de Lausanne.

Stockholm

Stockholm (Bordeaux) : Où sommes-nous ? Aux abords de la baie de Stockholm lors d’une grande canicule ? Non, nous sommes bien à Bordeaux, en France, face au miroir d’eau bordant la Garonne. Cette installation sera de plus en plus présente dans nos villes, francophones ou non. En effet, elle permet de lutter contre les îlots de chaleur urbains et de rafraichir ainsi nos villes lors des canicules qui se font de plus en plus suffocantes les mois d’été. Mais elle crée aussi des mirages, des illusions. La ville s’efface, puis se reflète, le son est modifié, les sens sont brouillés. Où sommes-nous ? Nos perceptions changent, reflets du monde de plus en plus complexe qui nous entoure et qui nous perd. Un monde qui brûle, un monde qui meurt, un monde qui s’évapore comme la vapeur du miroir.

Moscou (Paris) : Où sommes-nous ? Dans la périphérie de Moscou ? Non, nous nous trouvons dans le 13ème arrondissement de Paris, dans le quartier des Olympiades, en plein centre de la métropole du Grand Paris. Ici la planification des années 60-70 nous fait perdre toute perspective. Les lignes se coupent, se croisent, se frôlent ; on ne sait pas où on regarde, tout comme peut-être les personnes présentes sur la photo. La ville doit loger, une de ses principales fonctions ; cette densité extrême exprime un héritage culturel magnifique d’une planification moderniste. Des idées et des modèles qui aujourd’hui se fondent dans la perspective chaotique de ses propres lignes.

Zurich (Genève) : Où sommes-nous ? Dans une piscine lacustre branchée du centre de Zurich ? Non, nous nous trouvons bien aux Bains des Pâquis, une institution genevoise depuis le 19ème siècle. Ici nous observons les pratiques de la ville, et une en particulier, centrale dans les villes suisses; la baignade. La baignade urbaine n’est pas réservée aux villes germanophones de Suisse où elle est très répandue et quasi sacralisée. Dans les villes francophones cette pratique est centrale aussi, nos vies sont centrées autour du lac et de son eau qui rassemble les habitants toute l’année. Un véritable lien de cohésion sociale qui n’a pas de langage ni de frontière et qui perdurera aussi longtemps que nos montagnes.

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