Entretenir la diversité des territoires : devant la limite des modèles, cultiver l’intelligence des lieux

La mode est aux classements, sur la base de nombreux critères, tous définis dans l’objectif de pouvoir mesurer et rendre scientifiquement comparables des prix, des mètres carrés d’espaces verts, des nombres de kilomètres de voiries, des effectifs d’entreprises, des emplois, des établissements universitaires… La mode est aussi aux villes qui mobilisent des imaginaires et déploient leurs capacités à produire du rêve, à offrir en miroir une image de ce que peut être désirable, attirant…

💖 Une ville dense ET désirable ?

Selon Sylvain Grisot, urbaniste et fondateur de dixit.net (agence de conseil et de recherche urbaine) : « Il n’y a pourtant pas à tergiverser : densifier la ville existante plutôt que l’étaler permet d’éviter de consommer des sols agricoles, de limiter les déplacements carbonés et d’autres impacts délétères. Mais la densité ne peut être la solution à tout, partout, et tout le temps, vient un moment où trop de bâti tue la ville. Tout acte de densification devrait donc désormais s’accompagner de l’adaptation du moindre espace ouvert, à commencer par l’espace public ».

Urbanisme et Francophonie : un monde en commun

Le monde est aujourd’hui face à de nombreux défis dont beaucoup relèvent de la démographie. Nous devrions être près de 10 milliards d’êtres humains en 2050 mais cette augmentation globale intègre des évolutions contrastées : à la fois une explosion de la jeunesse, notamment en Afrique subsaharienne qui attend un doublement de sa population mais aussi un rapide vieillissement alors que déjà, les personnes de plus de 65 ans sont aujourd’hui la catégorie qui connait la plus forte croissance.

Décentralisation : ne plus se payer de mots…

Sur l’échelle de mesure des malheurs, la mise à distance des autorités qui décident envers les théâtres de leurs décisions produit des résultats impeccablement constants. Présentée comme une manière d’y remédier, la décentralisation fait partie de ces marronniers des réformes politiques dans nombre de pays, en Europe, et l’on pense volontiers à la France, mais aussi en Afrique en particulier dans l’espace francophone.

Villes contre campagnes : les ficelles d’un faux débat…

Les grandes villes sont régulièrement mises en accusation et les motifs de griefs ne manquent pas : pollution, insécurité, engorgement, accaparement des richesses, inconfort, prix de l’immobilier, précarité… Sans compter bien sûr les critiques sur les libertés culturelles et l’anomie. Réseaux sociaux qui recensent maniaquement des problèmes locaux, essais critiques, élus ou personnalités politiques en mal de popularité, semblent en résonance pour « en finir avec les grandes villes ». Et nombre de signes, peu avant la crise du covid ou depuis son acmé, semble conforter ces positions à la fois convergentes et disparates.