Assane Diallo (Doctorant en Études Urbaines à l’Université du Québec à Montréal (UQÀM) / Construire des villes et communautés durables / Co-fondateur de FOYRÉ Consulting) s’intéresse aux dynamiques territoriales, à la gouvernance urbaine et aux questions de justice socio-spatiale. Il nous explique que depuis plusieurs années, de nombreux pays africains misent sur la création de villes nouvelles pour répondre à la croissance urbaine rapide. L’objectif affiché est clair : désengorger les grandes métropoles, moderniser l’image des villes et attirer les investissements. Mais une question essentielle demeure : répondent-elles réellement aux urgences urbaines ?
Les promesses :
✔️ planification urbaine maîtrisée
✔️ infrastructures modernes
✔️ nouvelles centralités économiques
✔️ meilleure gestion du foncier (en théorie)
Les réalités observées :
❌ coûts très élevés
❌ faible accessibilité pour les populations modestes
❌ villes peu peuplées ou dépendantes de la voiture
❌ risques d’accaparement foncier et de spéculation
❌ renforcement des inégalités socio-spatiales
Pendant ce temps, les villes existantes font face à des défis majeurs :
💧 accès à l’eau et à l’assainissement
🏠 logement abordable
🚍 mobilité urbaine
🗑️ gestion des déchets
📍 sécurisation foncière
🤝 gouvernance urbaine inclusive
La vraie question n’est donc pas “faut-il des villes nouvelles ?”, mais plutôt sont-elles une priorité face aux besoins urgents des villes africaines actuelles ? Les villes nouvelles peuvent avoir un rôle à jouer si elles sont pensées comme des extensions inclusives, connectées à la ville existante, avec une réelle mixité sociale et des emplois accessibles. La priorité reste l’amélioration de la ville existante, là où vivent aujourd’hui des millions d’Africains.
Et vous, pensez-vous que les villes nouvelles sont une solution durable ou un investissement mal orienté ?