Végétaliser la ville ne suffit pas : il faut aussi retisser les liens

« Peut-on prendre soin de la nature s’il n’y a pas, d’abord, du soin dans la société ? » Pour l’universitaire Lise Bourdeau-Lepage (Professeure des universités à Lyon 3 en Géographie, Présidente du Comité Scientifique de la Revue Urbanisme et Docteur en économie), « mettre le bien-être au centre, ce n’est pas ajouter une couche aux politiques urbaines : c’est changer de perspective ». Dans un article paru le publié le rendre soin du vivant exige aussi de prendre soin des relations entre humains.

« On présente souvent la nature en ville (le végétal, l’animal et l’eau) comme un remède aux maux urbains, capable de rafraîchir, d’apaiser, de protéger. Mais ces bénéfices ne sont pas automatiques. Ils ne deviennent durables qu’à la condition de faire du bien-être une exigence d’action publique : pas un supplément d’âme, mais une boussole, un critère politique. Cela oblige à partir des conditions de vie réelles, à examiner les liens sociaux, et à rendre visible ce que la ville a longtemps tenu hors champ : la vulnérabilité et la diversité ».

La végétalisation s’est imposée dans les discours : arbres, îlots de fraîcheur, cours oasis. L’urgence climatique y est pour beaucoup. Mais peut-on prendre soin de la nature s’il n’y a pas, d’abord, du soin dans la société ? Mettre le bien-être au centre, ce n’est pas ajouter une couche aux politiques urbaines : c’est changer de perspective. La ville n’est pas qu’un système à optimiser. C’est un milieu de vie où l’on éprouve des émotions, où l’on se lie.

Or elle reste souvent conçue pour un habitant standard : mobile, disponible, indifférent aux obstacles. Pourtant, la ville se pratique différemment selon les âges de la vie, l’état de santé, le handicap, les ressources disponibles. À ces fragilités ordinaires s’ajoutent des surcharges : bruit, vitesse, trop-plein de stimuli, sollicitations numériques, et désormais la multiplication des chaleurs extrêmes et des inondations. Tout cela pèse sur les corps et l’attention, fragilise les relations, nourrit un besoin de ralentir et de se retrouver, en face-à-face. Le lien entre nature et bien-être cesse d’être une idée, il se ressent.

Lire la suite de l’article ici : https://www.ouest-france.fr/reflexion/point-de-vue/point-de-vue-vegetaliser-la-ville-ne-suffit-pas-il-faut-aussi-retisser-les-liens-372237b6-12f9-11f1-ac20-ad3e04eb72b3 

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