Repenser la ville en fonction de l’espace et du temps

N’Djaména, la capitale tchadienne est confrontée aux problèmes d’inondation, de mobilité et des transports. Dans une interview accordée à Tchadinfos, Moubané Jérôme, urbaniste, spécialiste des smart city (villes intelligentes et changements climatiques), propose des solutions.

Découvrez les réponses en intégralité aux questions suivantes :

  • Qu’est ce qu’un urbaniste et quel est son rôle ?

L’urbaniste est un technicien spécialisé dans l’aménagement des espaces urbains. Il est avant tout un chef d’orchestre.

  • Quel regard portez-vous sur la ville de N’Djamena ?

N’Djamena est la ville politique du Tchad et elle concentre un nombre plus important de la population du pays. Aujourd’hui, avec les évolutions en cours, la ville est mise à l’épreuve.

  • Quels sont les éléments qui nous obligent à changer ?

Quatre éléments nous obligent à changer :

1. L’augmentation du nombre de la population dans la capitale N’Djamena oblige les habitants à habiter les espaces périphériques de la ville, des espaces qui sont des zones non constructibles.

2. On a de plus en plus de conflits d’usage dans une ville qui est désormais en plusieurs temps parce qu’on n’a plus le même rythme de fonctionnement et les mêmes temps sociaux.

3. On passe de plus en plus de temps dans les transports pour essayer de joindre l’autre bout de la ville éclatée à cause de la distance et des embouteillages.

4. Il y a manque d’espace de détente, qu’il soit naturel ou aménagé.

  • Quelles sont les causes des inondations récurrentes dans la ville de N’Djamena, selon vous ?

Les causes sont naturelles mais aussi et surtout anthropiques.

  • Nous observons des embouteillages récurrents dans la ville de N’Djamena, quelles sont les causes, à votre avis ?

1. Les quartiers tels que Klessoum, Mandjafa, Bakara, Gassi, Dinio, Digo, Ngueli, Koundoul, Toukra, Walia, fonctionnent en sens unique.

2. La mauvaise répartition des services publics, notamment les banques, les marchés, les universités et les structures sanitaires.

3. La ville de N’Djamena n’a pas un document de planification qui donne des grandes orientations du développement de la ville.

  • En tant qu’urbaniste, quelles sont les pistes de solutions que vous proposez ?

1. Utiliser la clé de temps comme un levier pour le développement soutenable.

2. Penser la ville, le quartier et nos appartements comme des espaces hybrides.

3. Réfléchir la ville, les quartiers et les bâtiments qui sont toujours de façon multiscalaire comme une salle polyvalente.

4. Aménager le temps pour lutter contre les embouteillages.

  • Quel est votre mot de fin ?

Sur la question du temps, chacun a quelque chose à dire et de toute façon, la question concerne tout le monde, que ce soit le public, le privé ou les organisations et les individus, on est toutes et tous des donneurs de temps. Mais aussi des acteurs qui subissent un certain nombre de temporalité. C’est une compétence partagée qui va obliger au partenariat et au dialogue ; et on sait qu’on est dans une société en séparation ou qui fonctionne encore trop en sillon.

En bref, selon lui, il faut une réinvention urbaine. C’est une des solutions intelligentes. Et pour se réinventer, la ville de N’Djaména devrait prendre la “clé des temps et des rythmes” comme levier pour résoudre les problèmes d’inondation et des mobilités, limiter la consommation d’espace agricole et naturel et éviter la dilution de la ville en favorisant l’intensité urbaine.

? Entretien à lire en intégralité ici

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