Nicolas Tixier (architecte et professeur à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble) raconte le module « Ces projets qui hantent la ville – Héritages / Fictions » qui s’est déroulé de septembre à décembre 2025 dans le centre de Doc. Retour sur un semestre d’ateliers étudiants à l’Agence d’urbanisme de la région grenobloise.
Présentation du module « Ces projets qui hantent la ville – Héritages / Fictions »
Cet optionnel de fin de cursus en master 2 a invité des étudiants à explorer des archives pour pouvoir questionner la ville aujourd’hui. De tout temps la ville a été fabriquée par des projets, mais il y a énormément de projets qui n’ont pas été réalisés. En prendre connaissance, c’est aussi une façon de se rendre compte de ce qu’aurait pu être la ville s’ils avaient été réalisés et peut-être de questionner des dizaines d’années après, sur ce que ça nous dit de notre société, de nos urbanités, de nos façons d’habiter la ville. Y aurait-il même pas des actualités dans les projets anciens qui pourraient nous éclairer pour des projets de demain ?
Pourquoi s’intéresser aux archives de l’agence d’urbanisme de la région grenobloise ?
L’agence a plus de 50ans donc elle dispose d’une richesse de documents, qu’on ne retrouve pas dans les archives municipales, métropolitaines et même départementales, car il s’agit d’études, de projets non terminés, de documents intermédiaires, mais qui pour les urbanistes sont passionnants.
18 étudiants sont venus explorer les archives de l’agence le lundi matin à l’agence pour y échanger et établir des comptes-rendus. Parmi eux, Ninon Levitte, Gwendoline Coue, Paul Durbet (étudiants à l’école d’architecture de Grenoble) qui apprécient échanger avec différents interlocuteurs, découvrir un lieu et de nouvelles méthodes de recherche. Ils ont été étonné de voir que des problématiques actuelles ont été traitées avant eux et qu’elles ont évoluées jusqu’à aujourd’hui.
Les étudiants questionnent les espaces publics de la métropole et font des recherches au travers des archives sur des projets qui auraient été oubliés. Cela consiste à ouvrir des boîtes, développer des plans, lire des rapports, et trouver des dessins et des photos originales. Ils retiennent un projet sur lequel ils vont pousser leurs investigations.
Ce qui leur ai demandé c’est de voir comment, à partir de ce que ces projets nous disent, on peut penser le monde aujourd’hui devant les question écologiques, d’inégalités sociales, mais aussi d’hospitalité des espaces publics. Certains vont jusqu’à esquisser des petites fiction littéraires et dessinées pour faire une hybridation entre ces projets d’hier et des projets qui pourraient concernés la ville de demain.