Patrimoine industriel, tiers-lieux et nouvelles pratiques de la ville

Cette conférence animée par Alain BOURDIN (Sociologue et Urbaniste, Professeur à l’École d’Urbanisme de Paris et Directeur de la Revue Internationale d’Urbanisme (RIURBA)), s’est déroulée le 21 janvier 2026 au pôle numérique du Bouguen à l’Université de Bretagne Occidentale. Il aborde les différentes formes de patrimoines industriels, la notion de valeur patrimoniale, de revalorisation industrielle et de transformation urbaine avec les nouvelles pratiques de la ville qui touchent à l’expression collective (tiers-lieux, guinguettes, cantines, galeries d’art…).

En introduction, il aborde brièvement les processus de coordination et la notion de temporalité notamment au travers de l’exemple des équipements olympiques.

Il a enseigné en 2024-2025 à l’Université de Singapour sur la notion de patrimoine industriel et à ce titre nous illustre ses propos par l’exemple chinois : mémoire ouvrière, mémoire communiste, rôle des artistes.

Une friche industrielle c’est du foncier, ce qui veut dire que si l’on utilise du foncier industriel on doit savoir si les objets ont une valeur patrimoniale. Qu’est-ce que ça veut dire la valeur patrimoniale ? Avant on se référait aux notions d’authenticité, d’historicité, d’exemplarités et d’esthétique.

Les métropoles devront faire face à ces ressources de foncier : problèmes environnementaux, optimisation foncière….

On devrait d’ailleurs parler des patrimoines industriels au pluriel (ex : friches portuaires…). Le patrimoine industriel comprend l’ensemble des témoignages matériels (paysages, sites de production tels usines, ateliers, moulins, documents, machines, outils, etc.) et immatériels (savoirs, savoir-faire, traditions…) des processus de production industrielle.

Avant on était dans la revalorisation du patrimoine traditionnel. Dès fois, on fait de la revalorisation industrielle, c’est le cas de l’île de Nantes. Mais aujourd’hui on s’éloigne de l’objet historique, on est davantage dans la transformation de la ville. Par exemple, un promoteur immobilier a investi un immeuble de bureau dans le cadre du projet Euroméditerranée à Marseille. Il y a du recyclage de patrimoine de industriel, comme à Paris (rive gauche), où il y a une série de bâtiments industriels, qui sont devenus des amphithéâtres et des locaux investis par des artistes.

Nous ne sommes plus focalisés sur la préservation du patrimoine industriel mais davantage pour trouver de nouvelles fonctions urbaines (ex : tiers-lieux, cantines). Alors que le ludique n’était pas bien vu, on a aujourd’hui ce qu’on appelle la révolution des tiers-lieux. La charte des fablab c’est de permettre aux gens de faire, on les appelle les « makeur« . On invente des espaces de travail qui n’existait pas avant. Les « co-working » c’est une entrée dans le nomadisme professionnel et dans la convivialité au travail. Quelle est la conséquence du télétravail sur les enjeux urbains ? Le système du coworking n’est pas qu’anecdotique, il a une influence sur les transformations de la ville.

Les lieux de convivialités et de sociabilité dans beaucoup de villes à rivières, prennent la forme de guinguettes (ex : Rennes). Il y a aussi un jeu d’économie entre l’offre (offre d’un espace) et la demande (demande de sociabilité). Ce sont d’abord des acteurs locaux qui s’en saisissent pour proposer des activités qui ne sont pas disponibles ailleurs et il y a derrière une utilisation industrielle qui va vers une esthétique de l’objet industriel.

L’appropriation de ces espaces est une problématique sur des espaces censés être partagés. Il est intéressant d’étudier la travail des architectes sur les objets patrimoniaux. Leur approche industrielle peut être variée.

« Il y a une crise globale du symbolisme. Il faut regarder ces phénomènes-là comme un objet nouveau, qu’il faut essayer de comprendre et d’analyser ».

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