Les villes moyennes ouest africaines sont-elles les plus exposées aux problématiques foncières ?

Cette réflexion est posée par Assane Diallo (Doctorant en Études Urbaines à l’Université du Québec à Montréal (UQÀM) / Construire des villes et communautés durables / Co-fondateur de FOYRÉ Consulting). Les trois dernières décennies de l’histoire des villes sénégalaises, ont été témoin de mutations profondes dans tous les domaines de la société, d’un début d’un processus d’urbanisation exceptionnel et d’une dynamique de transfert des populations et des capitaux vers les centres urbains (Madani, 2012). Depuis quelques décennies, les villes moyennes connaissent des taux de croissance urbaine élevés.

Questionnements :

  • Comment le sol urbain est-il approprié par les différents acteurs ?
  • Quels impacts produisent les pratiques foncières sur les dynamiques urbaines?
  • Comment la pluralité des acteurs de la gestion foncière influence-t-elle les conflits fonciers?
  • Les acteurs de la gestion foncière, jouent-ils pleinement leurs rôles ?
  • Quels sont les acteurs directs et indirects liés à l’affectation des terrains urbains dans ces villes ?

Au cours de ces quarante dernières années, le taux d’urbanisation de Ziguinchor est passé de 29,7 % en 1976 à 33,7 % en 1988 et de 46,9 % en 2002 à 46,0 % en 2013. En même temps, le taux d’urbanisation de Kolda a évolué de 8,4 % en 1976 à 10,6 % en 1988 et de 13,5 % en 2002 à 26,0 % en 2013 (ANSD, 2013). En quarante ans, le taux d’urbanisation de Ziguinchor et Kolda a augmenté de 16,3 % pour la première et de 17,6 % pour la deuxième.

Dans un contexte de forte demande de terre et de marchandisation de celle-ci, le sol urbain ne cesse de prendre de la valeur. En raison de sa monétarisation croissante amenée par l’urbanisation accélérée du XXIe et du fait qu’elle est un objet d’échange, un instrument de crédit, une ressource naturelle et un bien qui peuvent servir d’assiette aux investissements, la terre est devenue un objet de toutes les convoitises pour les habitants des villes de Ziguinchor et de Kolda. En effet, les problèmes fonciers peuvent facilement déboucher sur des conflits.

Car la terre représente un bien économique et un moyen de subsistance important. Elle est étroitement liée à l’identité des peuples, à l’histoire et à la culture communautaire. Les communautés urbaines de Ziguinchor et celles de Kolda peuvent donc facilement se mobiliser lorsque des problèmes fonciers surviennent, faisant ainsi la terre un élément central du conflit.

Les problèmes fonciers peuvent, également être, étroitement liées aux intérêts politiques, ou manipulées par ces derniers, lors que les enjeux fonciers apparaissent. Dans ce contexte, les conflits fonciers prennent alors une allure dangereuse à partir du moment, où les mécanismes sociaux et les institutions nécessaires à leur résolution deviennent impuissants, ouvrant ainsi la voie à la contestation des peuples concernés.

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