Telle est la question posée notamment par la Feuille de route sur le pavillonnaire publiée en avril 2026 par la Direction générale de l’Aménagement, du Logement et de la Nature (DGALN). Souvent perçus comme figés, les quartiers pavillonnaires recèlent un potentiel considérable face aux impératifs de sobriété foncière, d’adaptation au changement climatique et de mixité sociale. Rénovation énergétique, biodiversité, accès aux services et mobilités douce, densification maîtrisée… Cette initiative nationale aborde les enjeux du pavillonnaire, pour une intervention coordonnée et ambitieuse, au-delà de l’action individuelle.
Une des difficultés soulevées par cette question est d’articuler les savoirs de l’écologie scientifique avec les perspectives de l’aménagement et de l’urbanisme. Eric Charmes (Directeur de recherche à l’ENTPE, UMR EVS, Université de Lyon), avec 5 collègues, écologues, géographes sociaux, spécialistes de l’aménagement (Emmanuelle Baudry, Blanche Collard, Jean Noël Consalès, Segolene Darly et Mathilde Riboulot) viennent de publier le 28 septembre 2026 dans Fonciers en débat (FED) un article qui fait le point sur le rôle des jardins domestiques (principalement les jardins des maisons individuelles) dans la présence de nature en ville. Ce rôle est essentiel en termes, à la fois, de dispersion (pour les continuités écologiques) et de superficie. Les jardins domestiques représentent entre le tiers et la moitié des surfaces végétalisées urbaines.
« Comme l’indique le titre de l’article, contrairement à ce que des lectures sélectives de la littérature scientifique ont pu laisser entendre sur ce réseau et ailleurs, la taille des jardins compte. Évidemment, la manière dont les jardins sont cultivés n’est pas sans importance. Mais toutes choses égales par ailleurs, un grand jardin a plus de valeur écologique qu’un petit. Cela vaut pour la biodiversité, mais aussi pour les pratiques potagères sur lesquelles cet article insiste particulièrement. En dessous d’un certain seuil, ces pratiques deviennent moins fréquentes et quantitativement moins importantes, notamment parce que le potager entre en concurrence avec d’autres usages du jardin ».
Eric Charmes (Directeur de recherche à l’ENTPE, UMR EVS, Université de Lyon)
L’article identifie les différentes zones d’incertitude. L’une des plus importantes concerne les compromis possibles entre densification des quartiers d’habitat individuel et préservation des valeurs écologiques et nourricières des jardins. Cet article ne vise évidemment pas à s’opposer à la densification. Il s’agit d’éclairer les enjeux.
Sur cette base, les auteur-es, avec d’autres collègues, travaillent sur des scénarios.
- Faut-il concentrer la densification sur des axes ?
- Vaut-il mieux surélever ?
- Quelles politiques publiques pour mieux valoriser les jardins, surtout lorsque leur taille se réduit ?
- Et comment tenir compte des impacts sociaux, évidemment différenciés, de la densification ?
Article à lire ici : https://fonciers-en-debat.com/la-taille-compte-les-jardins-domestiques-face-a-la-densification/