Densification douce et biodiversité : pourquoi le « petit » jardin est un meilleur levier de transition ?

Selon David Miet (Co-fondateur & CEO Villes Vivantes | Urbaniste), au delà de la dimension écologique, le petit jardin est aussi la clé économique pour rendre les premières couronnes des grandes villes accessibles aux familles des classes moyennes.

Questionnements

  • Quel modèle urbain favorise réellement, et non pas simplement, théoriquement, la transition écologique des couronnes périurbaines de nos villes ?
  • Comment les jardins urbains contribuent-ils à la préservation et à l’amélioration de la biodiversité ?

La réponse tient dans l’infrastructure parcellaire qui va permettre la transition des usages : le réapprentissage et la diversification des pratiques du jardinage « à la française ». À première vue, on pourrait penser qu’un grand jardin est forcément plus favorable à la nature qu’une série de petites parcelles.  Mais détrompons-nous : l’automatisme n’existe pas. On peut trouver de grands domaines sauvages et foisonnants, tout comme de petits jardins urbains complètement stériles, recouverts de gazon synthétique ou de béton.

La vraie question n’est pas celle de la surface (qu’il faudrait à tout prix figer à l’aide de multiples coefficients à intégrer au nouveau PLUi…) mais plutôt celle du bon support pour l’évolution de nos pratiques. Grands jardins d’hier, petits jardins de demain ?

Avec une population française qui vieillit et un pouvoir d’achat qui s’érode, le grand jardin finit par imposer une gestion par défaut, souvent délétère. Les surfaces sont trop vastes pour être entretenues manuellement par les propriétaires. Le résultat ? Une gestion par « simplification » : tonte mécanique, recours aux herbicides pour gagner du temps, uniformisation paysagère. Le grand jardin devient paradoxalement un espace de « non-usage » où la biodiversité s’efface devant la contrainte de l’entretien.

À l’inverse, la densification douce crée une infrastructure parcellaire différente, plus propice à une biodiversité riche :

  • L’appropriation par le jardinage : avec une petite surface, le rapport au sol change. On passe d’un entretien « subi » à un jardinage « choisi ». C’est l’échelle parfaite pour le réapprentissage du vivant.
  • La diversité sociologique : les parcelles plus petites sont bien plus abordables que les grandes, elles deviennent accessibles aux familles mais aussi à tous ceux qui vivent en couple ou seuls ; plus de maisons et plus d’habitants signifient une plus grande variété de regards et de pratiques.
  • L’effet « mosaïque » : l’écologie nous enseigne que la diversité des habitats est essentielle. La multiplication des petites parcelles jardinées selon les pratiques de chacun peut créer une mosaïque riche, hétérogène, propice à la biodiversité.

En densifiant intelligemment (opérations BIMBY), on crée, progressivement, et avec les habitants eux-mêmes, le support nécessaire à une transition des usages. Plus d’habitants, c’est :

  • plus d’intelligence sensible au mètre carré,
  • plus de mains pour planter,
  • une meilleure appropriation de la culture du jardin.

Pour en savoir plus, voici ce qu’on peut faire en permaculture sur une parcelle de 200 m², en ville  : https://vv.guide/transformer-un-petit-jardin-urbain-en-havre-de-biodiversite-lhistoire-dune-reconquete-ecologique-23559/ 

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