Conférence de Guillaume Ethier : la ville analogique

Dans le cadre du cycle de conférences à l’occasion des 50 ans de l’Institut de Géoarchitecture – Brest, Guillaume Ethier (professeur de sociologie urbaine à l’UQAM | Université du Québec à Montréal), présente ses réflexions autour « La ville analogique » à l’occasion d’une conférence organisée le  lundi 30 mars à 17h30 en salle B001 de la Faculté de Lettres, à Brest.

L’influence croissante de l’univers numérique a modifié notre perception de la ville physique. Guillaume Ethier (UQAM), dans son ouvrage « La ville analogique » (Éditions Apogée, 2024), propose que cette transition vers une hyperconnectivité, impactant la dimension sociale de l’espace public, puisse inciter à un retour à la ville concrète pour équilibrer une vie de plus en plus dématérialisée…

Les relations en public (Goffman)

Les territoires de soi (mécanismes qui nous permettent de moduler notre rapport à l’extérieur, nous protéger) sont circonstancielles, ne sont pas égaux d’un monarque à un simple citoyen.

  • Gaine du corps (squelette ; peau…)
  • Espace personnel
  • Espaces fonctionnel
  • Réserve d’informations
  • Territoires possessionnel (appareil photo ; dessous de verre ; valise…)
  • Espace des équipements urbain (bancs ; tables ; chaises…)
  • Règles attendues (baisser sa musique ; attendre dans une file…)
  • Préservation conversationnelle

Effets potentiels des interfaces numériques portatives sur l’ordre social

  • Trivialise la coprésence physique
  • Ajoute une dimension aux territoires de soi
  • Module le rapport à l’environnement matériel
  • Limite l’importance des lieux de rencontre

Fonctions sociales des tiers-lieux (Oldenburg)

Définition dans le livre « Great Good Place » de Ray Oldenburg : Des espaces informels entre la maison, le travail et l’école où s’établissent des échanges conviviaux (ex : pub qui vient de public).

  • Forum politique
  • Forum intellectuel
  • Bureau
  • Lieu d’entraide
  • Personnes-ressources
  • Contacts entre jeunes et adultes
  • Destination pour ainés
  • Reconnaissance
  • Bénéfices financiers
  • Lieu pour recevoir des amis
  • Divertissement

Actualité des interactions sociales dans l’espace public

Espace public hybride : les selfi changent notre rapport à l’urbain.

Le numérique est un territoire privé portatif qui permet l’ubiquité et déterritorialise en même temps.

Donc on doit imaginer des lieux pour reterritorialiser en utilisant :

  • la lenteur,
  • la tangibilité (Que l’on peut connaître en touchant et dont la réalité est évidente),
  • l’intime,
  • l’imparfait (tester des usages ; créer des lieux de n’entre-deux).

Conclusion

Les humains sont grégaires (à la tendance à vivre en groupe). Cet instinct grégaire pousse à se rassembler et à s’imiter.

Livre : « La ville analogique. Repenser l’urbanité à l’ère numérique »

L’avènement de l’univers numérique a mis à mal notre rapport à la ville tangible, que nous avons désertée au profit d’une hyperconnectivité qui n’est pas sans conséquences sur l’espace public en tant que lieu de sociabilité. Et l’arrivée annoncée d’un soi-disant « métavers » ne fera qu’amplifier ce phénomène. La dépersonnalisation des relations interpersonnelles et le transfert des décisions humaines à des machines menacent, à terme, la part d’humanité qui nous relie les uns aux autres.

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