À l’aube du 13e Forum Urbain Mondial (FUM), Christine Auclair (Architecte, Urbaniste, Présidente de AdP Villes en Développement et auparavant fonctionnaire internationale à ONU-Habitat) explore l’idée qu’il convient de repenser les priorités globales face à la crise de l’habitabilité. Une évidence s’impose progressivement sans toujours être pleinement formulée : les inégalités du XXIe siècle ne se jouent plus seulement dans l’accès aux revenus, aux services ou aux opportunités. Elles se jouent, de manière croissante, dans la possibilité même d’habiter.
Dans un monde soumis à la pression des ressources, à l’intensification des crises climatiques et à une urbanisation sans précédent, habiter devient un champ de sélection. Les conditions d’habiter se durcissent, se raréfient, se marchandisent. Elles organisent un tri de plus en plus brutal entre ceux qui peuvent rester, et ceux qui sont contraints de partir. Le logement, dans ce contexte, n’est pas seulement une composante des politiques urbaines. Il constitue l’un des points d’ancrage essentiels des équilibres à venir.
Et pourtant, nous continuons à penser ces dynamiques avec des outils dépassés. Nous parlons de logement comme d’un secteur, d’une politique publique parmi d’autres, alors qu’il est devenu le lieu où se concentrent et s’expriment toutes les tensions contemporaines. Ne pas le voir, ou ne pas le dire, revient à accepter que l’exclusion devienne la norme. Car aujourd’hui, ce n’est plus seulement l’accès à la ville qui est en jeu, c’est le droit même d’y exister.
Questionnements :
- Qui peut encore vivre dans les villes ?
- Qui est relégué aux marges, repoussé toujours plus loin, exclu silencieusement ?
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