Découvrez la carte postale d‘Ingrid Pechell-Abdarazzak (Chargée de mission Partenariats et coopération Internationale à la Ville de Casablanca).
© Ingrid Pechell-Abdarazzak
Casablanca ne cesse de me surprendre. Pas seulement par sa force et ce qu’elle bâtit, mais par la façon dont elle rassemble et nous réunit autour de cette même cause : aimer et faire rayonner Casablanca.
Casablanca, avant tout, c’est un carrefour. Un carrefour de cultures, d’histoires, de langues, d’influences. Une ville où les trajectoires se croisent, parfois se heurtent, souvent se complètent, et finissent presque toujours par s’enrichir. Ici, rien n’est uniforme. Tout est mouvement, mélange, transformation. J’en suis la preuve, et les miens en sont le résultat, indéfectible, indiscutable.
Casablanca est une ville-monde, mais une ville-monde singulière. Elle ne se livre pas immédiatement. Elle ne cherche pas à séduire au premier regard. Elle demande du temps, une attention particulière, une capacité à aller au-delà des apparences. Mais une fois que l’on commence à la comprendre, elle révèle une richesse profonde, une complexité qui la rend profondément humaine.
Ce qui me séduit et ce qui m’a rendue dingue de cette ville, c’est cette coexistence permanente de mondes différents. Dans une même rue, dans un même quartier, se côtoient des influences marocaines, africaines, européennes, méditerranéennes. Elles ne sont pas figées, elles ne sont pas cloisonnées. Elles dialoguent, se mélangent, créent quelque chose de nouveau. Casablanca n’est pas une juxtaposition de cultures, c’est un espace de rencontre et de transformation.
Cette diversité s’entend dans les langues. Le darija, l’espagnol, le français, l’arabe classique, et maintenant l’anglais, circulent avec une fluidité naturelle. Les conversations passent d’une langue à l’autre sans effort, comme un reflet de cette identité multiple. C’est une ville où la diversité linguistique devient un lien, une richesse partagée.
Mais ce carrefour culturel ne se limite pas aux langues. Il se ressent dans les modes de vie, dans les rythmes, dans les façons d’habiter la ville. Casablanca est rapide, intense, parfois exigeante. Mais elle sait aussi offrir des moments de pause. Des espaces où le temps ralentit, où l’on peut simplement observer, respirer, se reconnecter.
© Ingrid Pechell-Abdarazzak, square boulevard d'Anfa (février 2026)
Dans ses parcs, aujourd’hui valorisés et multipliés, une autre Casablanca apparaît. Plus calme, plus intime. On y voit des jeunes, des sportifs, des cadres pressés à la recherche d’un moment de répit, mais surtout des enfants, beaucoup d’enfants… Ces lieux sont essentiels. Ils apportent un équilibre, une respiration dans une ville en mouvement constant. Là où les cultures se rencontrent, naissent de nouvelles idées. Là où les expériences se croisent, émergent de nouvelles manières de penser la ville. Là où les différences s’expriment, se construit une identité commune, plus riche, plus ouverte.
Casablanca porte une histoire forte. Une histoire faite de passages, d’influences, de transformations. Elle a toujours été un point de contact, un lieu d’échange. Et aujourd’hui encore, cette dynamique se poursuit.
La ville se réinvente. Elle repense ses espaces, transforme ses infrastructures, s’engage dans des trajectoires nouvelles. Les projets urbains, les initiatives environnementales, les stratégies climatiques traduisent une ambition claire : construire une ville plus durable, plus inclusive, plus résiliente.
© Ingrid Pechell-Abdarazzak, parc de la ligue Arabe (avril 2026)
Mais ce qui rend cette transformation particulière, c’est qu’elle s’appuie sur cette identité de carrefour. Casablanca ne construit pas son avenir en rupture avec son passé. Elle le construit en s’appuyant sur cette diversité, sur cette capacité à relier, à faire dialoguer, à intégrer.
Dans un monde souvent marqué par la compétition, Casablanca propose une autre approche. Une approche fondée sur la coopération, sur l’ouverture, sur le dialogue. Une manière de penser la ville comme un espace partagé. Ce rôle de carrefour est aussi géographique. Casablanca est une porte. Une porte entre l’Afrique et le reste du monde. Une ville connectée, ouverte, en mouvement. Mais cette ouverture ne l’éloigne pas de son identité. Elle la renforce.
Ce qui rend Casablanca émouvante, c’est cette capacité à avancer malgré ses contradictions. Elle n’est pas parfaite. Elle est parfois désordonnée, parfois inégale, parfois exigeante. Mais elle est sincère. Elle ne cherche pas à masquer ses défis. Elle les affronte.
© Ingrid Pechell-Abdarazzak, boulevard Hassan II (avril 2026)
Et au cœur de cette ville, il y a ses habitants. Ce sont eux qui incarnent ce carrefour. Par leurs parcours, leurs histoires, leurs ambitions. Certains viennent d’ailleurs, d’autres sont enracinés ici depuis toujours. Mais tous participent à cette dynamique collective. Il y a une énergie particulière à Casablanca. Une énergie qui pousse à avancer, à entreprendre, à imaginer. Une énergie qui ne s’éteint pas, même dans les moments difficiles. C’est une ville qui exige, mais qui donne aussi.
Ce qui touche, c’est cette capacité à créer du lien. Dans une ville aussi dense, on pourrait s’attendre à de la distance. Et pourtant, il y a des échanges, des regards, des gestes simples qui rappellent que la ville reste profondément humaine.
Casablanca est une ville d’équilibre. Un équilibre fragile, mais réel. Entre passé et avenir. Entre tradition et innovation. Entre ancrage local et ouverture internationale. Et c’est dans cet équilibre que se construit son avenir. Face aux défis contemporains, cette capacité devient essentielle. Une ville qui sait s’adapter, apprendre, évoluer, est une ville qui peut avancer. Casablanca a cette capacité.
Elle expérimente. Elle teste. Elle ajuste. Elle avance, parfois lentement, parfois rapidement, mais toujours avec une direction.
- L’action climatique, aujourd’hui, prend une place centrale. Non pas comme une contrainte, mais comme une nécessité. Une opportunité de repenser la ville, de la rendre plus durable, plus vivable.
- La gestion de l’eau devient un enjeu majeur. Une ressource précieuse, qu’il faut préserver, optimiser, intégrer dans une vision à long terme.
- Les espaces verts prennent une nouvelle importance. Ils deviennent des lieux de vie, des espaces de respiration, des éléments essentiels d’un équilibre urbain.
Mais au-delà des projets, il y a une vision. Une vision d’une ville qui assume sa complexité, qui valorise sa diversité, qui s’appuie sur ce qu’elle est pour construire ce qu’elle veut devenir. Casablanca ne cherche pas à être un modèle importé. Elle construit son propre chemin.
Fière, à mon échelle, de contribuer à cette dynamique.
© Ingrid Pechell-Abdarazzak, vue sur bâtiment art déco, place Mohamed V (mars 2026)




