Les travaux de Sabine Barles (professeure d’urbanisme-aménagement à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et chercheuse à l’UMR Géographie-Cités) portent en particulier sur l’analyse du métabolisme urbain, c’est-à-dire l’ensemble des flux d’énergies et de matières mis en jeu par le fonctionnement des villes. Dans cet entretien de Milénaire 3 (prospective de la métropole de Lyon) réalisé par Boris CHABANEL (Géographe, Consultant indépendant en Études, Conseil, Formations, Conférences), elle montre que l’approche par le métabolisme invite à inverser le regard sur les métropoles.
Concentrant les populations, les forces économiques et les pouvoirs politiques, celles-ci n’en restent pas moins intrinsèquement dépendantes d’autres territoires pour leur approvisionnement physique : alimentation, énergie, eau, biens manufacturés, etc. Ce constat nous amène à questionner l’échelle à laquelle se jouent la soutenabilité des villes, et le déploiement de l’économie circulaire dans le contexte de l’économie mondiale.
Questionnements
- Vos travaux en matière de métabolisme urbain font référence. Pouvez-vous rappeler ce que signifie ce concept ?
- Vous rappelez souvent que les villes, par définition, dépendent de flux de ressources de territoires qui leur sont extérieurs… Quels sont ces enjeux ?
- Ce problème n’est-il pas occulté justement par le fait que l’externalisation du métabolisme des villes s’opère désormais à grande distance via le commerce mondial et les chaînes de valeur globales ?
- Est-il juste de considérer que les villes jouent un rôle majeur dans les pressions environnementales, et donc les grands enjeux écologiques contemporains ?
- Comment définissez-vous un métabolisme urbain soutenable ?
- À quelle échelle de territoire se joue cette transition ?
- Ce qui soulève la question de l’organisation des relations entre les villes et les territoires qui les alimentent ?
- Quel regard portez-vous sur le développement des démarches de coopération interterritoriale que l’on observe ces dernières années ?
- L’économie circulaire s’est imposée ces dernières années comme un axe phare des politiques de transition écologique en France mais aussi en Europe. En quoi peut-elle favoriser un métabolisme territorial soutenable ?
- Ces limites ne devraient-elles pas nous inciter à mieux connecter les politiques d’économie circulaire et les politiques de développement économique, pour mieux prendre en compte la question du cycle de vie des matières qui interviennent dans la production et la consommation du territoire ?