Ce texte rédigé par Luc Gnacadja (Architecte, Président de GPS-Development, ancien ministre de l’Environnement, de l’Habitat et de l’Urbanisme et ancien Sous-Secrétaire Général des Nations Unies) s’inscrit dans la série de publications préparatoires à l’ouvrage « Les villes de l’Afrique que nous voulons ». Il ne propose ni un diagnostic de plus, ni une recette clé en main, mais un déplacement du regard : passer d’une lecture déficitaire de la ville africaine à une approche fondée sur ses potentiels humains, sociaux et territoriaux.
À travers une réflexion ancrée dans des expériences urbaines concrètes et une lecture critique des paradigmes dominants, il interroge la manière dont nous pensons la ville : comme un problème à corriger ou comme un levier de transformation. En filigrane, une conviction simple et structurante : la ville africaine ne peut être ni une copie, ni une vitrine, ni un accident. Elle doit redevenir un projet collectif, capable de révéler le potentiel de ses territoires, de renforcer la cohésion sociale et de bâtir la résilience.
Depuis plusieurs décennies, la ville africaine est décrite, analysée et jugée à partir de ce qu’elle n’a pas. Manque d’infrastructures, manque de services, manque de planification, manque de gouvernance, manque de moyens. Cette lecture déficitaire s’est imposée comme une évidence, au point de structurer les politiques publiques, les cadres d’intervention internationaux et même notre propre regard sur nos villes.
Or, une question mérite d’être posée avec lucidité : peut-on sérieusement construire l’avenir d’un territoire en le pensant uniquement à partir de ses manques ? Peut-on espérer une transformation durable en réduisant la ville à une liste de déficits à combler ? Un regard qui ne voit que le manque finit toujours par produire des politiques sans ambition.
Luc Gnacadja propose un déplacement du regard. Non pas pour nier les difficultés bien réelles auxquelles font face les villes africaines, mais pour interroger le cadre intellectuel dans lequel nous les pensons. Car avant d’agir, il faut savoir depuis quel paradigme nous raisonnons. Et force est de constater que le paradigme du manque est devenu une impasse cognitive.
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